Enseignement-Recherche

La boîte à questions : Maurine Montagnat Mécanicienne des matériaux

RECHERCHE, ÉTUDIANT

le 6 janvier 2014

Maurine Montagnat est mécanicienne des matériaux au Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement (LGGE-OSUG, UJF/CNRS). Elle s’intéresse à la glace et à son comportement en déformation.

Qu’apprend-on en étudiant la glace ?

Maurine Montagnat : 
Au niveau fondamental, on apprend beaucoup de choses sur le comportement mécanique et en déformation des matériaux. La glace a la propriété d’un matériau un peu extrême. Modéliser son comportement par des expériences de laboratoire et des simulations numériques nous permet de mieux comprendre certains comportements dans les autres matériaux plus difficiles à déformer en laboratoire. Ensuite, on peut transférer ces connaissances purement fondamentales à des caractéristiques, des conditions plus naturelles afin de comprendre comment la glace des calottes polaires se déforme et s’écoule. Cette connaissance de l’écoulement permet par exemple de savoir comment les calottes polaires répondent aux variations du climat et de dater les forages profonds.

Les calottes polaires ne sont pas votre seul sujet d’étude. Vous vous êtes aussi intéressée aux cascades de glace…

M. M. 
Effectivement. Une cascade de glace est une structure glacée qui se forme lorsque les températures sont suffisamment froides dans une zone où il y a un écoulement d’eau. Cette eau peut venir d’une cascade d’eau l’été. Elle peut aussi venir d’infiltrations à travers le rocher ou à travers des sols plus ou moins poreux. On a voulu comprendre quelle était son histoire au cours d’une saison d’hiver, entre l’apparition des premiers bouts de glace et puis cette grosse structure sur laquelle les glaciéristes, c’est-à-dire les grimpeurs de glace, vont effectuer leur sport. Nous avons ensuite cherché à savoir quelle était sa stabilité mécanique. Pour cela, nous avons fait appel à nos connaissances sur le comportement de la glace et nous avons réussi à fournir certaines observations, certaines données concernant la stabilité mécanique de ces structures. En particulier, nous avons pu vérifier, par des mesures de pression dans les cascades de glace, que des variations brutales de température, de l’ordre de 10°C en une nuit, pouvaient rendre la structure suffisamment fragile pour qu’elle casse intégralement toute seule ou sous l’effet d’un coup de piolet ou de crampon. Ce genre de situation a conduit à plusieurs accidents graves dans la communauté des glaciéristes, car elle est assez fréquente dans les Alpes.

Vos recherches vous font-elles voyager ?

Lire la suite sur  http://www.ujf-grenoble.fr

Laissez un commentaire.

dispositif anti-spam *
Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.