RECHERCHE, ÉTUDIANT

le 1 décembre 2013

Alain Buisson est biologiste au laboratoire Grenoble Institut des neurosciences (GIN-Inserm/UJF/CEA/CHU Grenoble) qui est spécialisé dans l’étude du cerveau et de tous les paramètres associés.

Qu’est-ce qui vous intéresse particulièrement dans le cerveau ?

Alain Buisson : J’ai toujours été fasciné par la manière dont cet organe peut conditionner le comportement et toutes nos actions dans la vie. Comment les cellules communiquent-elles entre elles ? Comment des impulsions électriques provoquent-elles un comportement aussi complexe chez l’homme ? Cela me paraît étonnant, prodigieux.


Aujourd’hui vos recherches visent plus précisément à lutter contre la maladie d’Alzheimer.


A. B. : 
Tout à fait. La thématique de mon équipe de recherche est complémentaire avec le champ d’expertise du GIN qui est la maladie de Parkinson. La maladie d’Alzheimer est une pathologie extrêmement lourde : on estime qu’elle touche à l’heure actuelle 850 000 personnes en France et devrait atteindre les deux millions d’ici 2020-2030. Cette pathologie est très subtile. Elle prend plusieurs dizaines d’années à se mettre en place et affecte les capacités du cerveau à enregistrer. Mon équipe cherche à comprendre les mécanismes basiques de création et de formation de la mémoire. Comment perd-on ces mécanismes ? Comment, avec une molécule, en appuyant au bon endroit dans un chemin moléculaire identifié peut-on restaurer un équilibre ?

Vos études vous permettent-elles aujourd’hui de comprendre pourquoi une personne sera plus susceptible qu’une autre de développer la maladie ?

A. B. : Toutes les maladies neuro dégénératives existent sous une forme familiale très agressive. Chez certaines personnes, les gènes connaissent des mutations qui conduisent à la maladie. On sait que dans ces familles, la maladie apparaît très tôt, vers l’âge de 40 ans. A l’heure actuelle, il y a une étude faite aux Etats-Unis auprès de ces gens qui sont porteurs d’une mutation génétique. On s’intéresse à eux alors qu’ils ont une vingtaine d’années et qu’ils n’ont pas encore développé la maladie et on étudie ce qui change dans ces cerveaux qui sont malades, mais qui ne l’expriment pas encore.

La maladie d’Alzheimer touche aussi des personnes qui n’ont pas de prédisposition génétique…

A. B. : En effet, les formes sporadiques touchent 90 % des malades. Qu’est-ce qui fait que des gens l’attrapent plus facilement que d’autres ? On a longtemps cru par exemple que les femmes avaient plus de chances de développer la maladie que les hommes et puis une nouvelle étude présentée il y a quelques mois a montré que cette différence n’existait plus. L’ancienne étude avait été faite auprès de femmes nées dans les années 1920 qui n’avaient pas accès à l’éducation. Quand on a refait la même étude vingt ans plus tard, les femmes étaient allées à l’école et l’on s’est aperçu que cela les avait rendues moins susceptibles d’attraper la maladie. On est donc arrivé à un concept plein de promesses qui dit que plus on apprend des choses, plus le cerveau est utilisé, plus il résiste à la maladie. Maintenant, on parle de réserve cognitive.

Pourquoi la maladie apparaît-elle ?

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