ÉTUDIANT, RECHERCHE

le 18 avril 2014

Laurence Nigay est professeure à l’UJF et mène ses recherches au Laboratoire d’informatique de Grenoble (LIG- UJF, UPMF, CNRS, INPG / Partenaires : INRIA, Stendhal).

Qu’est-ce qui vous a conduit à vous intéresser à l’interaction Homme-machine ? Laurence Nigay : J’ai découvert le domaine de l’Interaction Homme-Machine (IHM) en dernière année universitaire (BAC + 5) en Informatique, ici à Grenoble, grâce au Professeure Joëlle Coutaz. Heureusement aujourd’hui l’IHM est enseignée en Informatique à Grenoble dès le niveau BAC +3. J’ai tout de suite été passionnée par le domaine. Il y a un côté très pratique et concret. C’est-à-dire que dans nos travaux de recherche, pour mener des expérimentations et valider des hypothèses, nous concevons et développons des techniques d’interaction. Par définition, une technique d’interaction est graphique, tangible et on peut la « toucher » directement.
Est-ce un domaine de recherche qui s’est beaucoup développé ces dernières années ? L. N. C’est un domaine de recherche qui existe depuis que l’Informatique existe, mais tant que les ordinateurs étaient dédiés à des scientifiques pour faire des calculs, l’enjeu était moindre. Il n’y avait pas vraiment besoin de travaux en Interaction Homme-machine. Aujourd’hui, tout le monde interagit avec un ordinateur, au travail, à la maison, en bref dans notre quotidien que ce soit pour jouer ou pour acheter un billet de transport à une borne interactive. Dans notre société actuelle, l’interaction est partout. Les enjeux sont immédiats. La pénétration de l’informatique dans tous les secteurs encourage encore plus à travailler dans le domaine de l’Interaction Homme-Machine. L’objectif est de permettre à l’utilisateur de réaliser sa tâche, qu’il s’agisse d’un chirurgien en train d’opérer ou d’un enfant jouant sur une télé ou une console. Il y a des contextes d’interaction très différents à prendre en compte, des utilisateurs aux compétences variées – personnes âgées, enfants, etc. –, et des domaines applicatifs extrêmement diversifiés.
Peut-on dire aujourd’hui qu’il n’y a plus de frontière entre le mécanique, l’électronique et le biologique ?
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