L’ambition à dix ans de Digital Grenoble est qu’une PME au moins devienne un champion, que plusieurs dizaines d’entreprises créent des centaines d’emplois et que des sociétés aient opéré leur transformation numérique. Relevé des principaux outils pour atteindre cet objectif.

Si la terre grenobloise est par nature favorable à l’essor des entreprises du numérique, quelle valeur ajoutée peut apporter la labellisation French Tech ? Pour les membres de Digital Grenoble, les retours attendus sont considérables. Sur deux grands axes en particulier : tout d’abord, la création d’un lieu unique de coordination pour donner de la visibilité au numérique dans la région.

“Il existe tant d’acteurs et d’initiatives que l’offre était illisible pour les porteurs de projet. Digital Grenoble aura réussi lorsqu’il deviendra clair et évident de s’adresser à une structure unique, tête de pont pour accéder à l’ensemble des services, prestations, en lien avec le numérique”, soulignent les jeunes entrepreneurs de la filière. C’est notamment l’objectif assigné au Totem, le bâtiment dans lequel s’installe Digital Grenoble, fin septembre 2015.

Faire sauter le plafond de verre

La deuxième priorité est largement inspirée de ce constat : si l’écosystème des start-up numériques est parmi les plus remarquables de France – 17 à 24 entreprises innovantes se créent chaque année –, “il demeure des efforts à faire sur la croissance”. À Grenoble comme au plan national, trop d’entreprises sont confrontées à un plafond de verre, et rares sont celles qui franchissent le cap des 100 emplois. Jérôme Giachino, fondateur en 2004 d’une société pionnière du numérique, Starzik, le reconnaît. “Gagner la course à la notoriété dans le téléchargement de musique nécessite une concentration de moyens que seuls les États-Unis savent pour l’instant réaliser. Starzik avait obtenu de l’avance en 2004 sur le plan technique et sur le marché du téléchargement légal. Une initiative équivalente à la French Tech à l’époque aurait pu nous aider à croître beaucoup plus vite et à nous déployer à l’international.” Constat partagé par André Meyer, ancien directeur au sein d’HP et business angel : “Quand aux États-Unis une société lève 10 millions d’euros, une entreprise équivalente en France obtient dix fois moins. Dans cette levée de fonds, une entreprise américaine consacrera 40 % au développement de la technologie, 40 % aux forces commerciales et au marketing. En France, le ratio sera de près de 70 % pour les technologies et de 15 à 20 % pour le marketing et les ventes. Nous accordons trop d’importance à la R&D au détriment des moyens qui permettent de réussir sur les marchés.”

Des accélérateurs pour la croissance

C’est précisément la vocation de l’initiative French Tech que de promouvoir et de cibler des moyens (200 millions d’euros au plan national) sur des accélérateurs de croissance. À Grenoble, une culture entrepreneuriale a déjà permis l’émergence de plusieurs structures opérant, de façon exclusive ou non, pour les entreprises du numérique. Il s’agit de Grenoble Angels, de l’Institut de l’entrepreneuriat de Grenoble École de Management, du réseau Entreprendre Isère, d’Inovallée. Les structures focalisées sur le transfert de technologies issues de la recherche sont aussi nombreuses, comme la SATT Gate 1, ou celles émanant du CEA-Leti, de l’Inria Rhône-Alpes ou l’INPG. Plus récemment, des initiatives dédiées au numérique sont apparues, soit pour animer l’écosystème (Startup Weekend), pour héberger ou créer des événements (Cowork in Grenoble), mettre à disposition des outils de type fablab (La Casemate), ou accélérer des entreprises (Le Phare, Startup Maker, Le Tarmac à Inovallée, IncubaGEM, programme Ambition logicielle instruit par Minalogic). L’objectif de Digital Grenoble consistera à coordonner tous ces acteurs au service de l’écosystème et à faire émerger de nouveaux accélérateurs privés sur des besoins manquants. Plusieurs projets sont ainsi à l’étude :

  • la mise en place d’accélérateurs dédiés à la santé et à l’énergie pour prendre en compte les spécificités de ces secteurs ;
  • un accélérateur de niveau 2 centré sur l’Internet des objets pour l’industrie ;
  • un accélérateur éthique privilégiant d’autres modes de rémunération que la revente de participation, dans le but de maintenir les technologies et les centres de décision des start-up du numérique sur le territoire.

Concentrer des moyens pour les Techs Champions

Plus largement, l’accès au capital risque et développement est l’un des axes forts du volet “accélération” contenu dans la candidature grenobloise à la French Tech. Car malgré l’augmentation significative des opérations de levées de fonds en région grenobloise – 17 M€ au total en 2010, 46 M€ en 2012, 90 M€ en 2013 – leur nombre et leur montant restent encore trop faibles. “Pour faire émerger des champions à Grenoble, il est crucial de concentrer localement d’importants moyens financiers”, martèle Boris Saragaglia, PDG de Spartoo. “Grenoble a la taille économique et la capacité d’attirer des moyens financiers plus importants au bénéfice des start-up à haut potentiel”, confirme Jean Vaylet, président de la CCI de Grenoble. La création d’un “fonds de fonds”, outil mutualisé de financement, est ainsi en projet pour abonder les entreprises les plus prometteuses. Restera, pour une région à la culture technologique très forte, à viser un meilleur équilibrage entre les investissements R&D, marketing, business, développement des partenariats, à l’exemple des pratiques qui ont pleinement réussi aux Anglo-Saxons. Une condition pour l’apparition de Tech Champions, et un nouvel état d’esprit que Digital Grenoble entend bien promouvoir.

 

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