Au tour de France des dépôts de candidature à la French Tech, la région grenobloise n’est pas partie au sprint. Le dossier isérois est encore en train d’être peaufiné, mais il prend forme et devrait être prêt très prochainement. La métropole – La Métro – a confié le pilotage opérationnel de la candidature de l’agglomération, baptisée Digital Grenoble, à Jean-Pierre Verjus, le fondateur et l’ancien président de l’Inria Rhône-Alpes. Digital MIF a souhaité connaître les atouts de cette candidature, et s’est pour cela entretenu avecNicolas Béroud, Directeur général adjoint de l’agence de développement économique de l’Isère, l’AEPI (agence d’études et de promotion de l’Isère).

nicolas beroud

Nicolas Béroud – Une des missions de l’agence de développement économique de l’Isère est d’observer le poids des différentes filières économiques. Nous suivons de près la filière des technologies de l’information depuis des décennies, car elle est d’une taille non négligeable sur l’agglomération. Elle représente 40 000 emplois sur la région grenobloise, du « hardware » jusqu’au « software », des entreprises jusqu’à la recherche publique. Cela recouvre la filière informatique logicielle (SSII, éditeurs…) ainsi que l’électronique et la micro-électronique.

Votre région n’est-elle pas trop marquée par l’électronique et la micro, voire la nano-électronique ?

C’est vrai que dans ce domaine notre région est très visible à l’international depuis une vingtaine d’années avec la présence d’acteurs de poids comme ST, Soitec ou le CEA, et avec des investissements industriels dans cette spécialité qui se chiffrent en milliards d’euros. Mais la filière logicielle a toujours existé en Isère. En nombre d’emplois, celle-ci est aussi importante que la filière électronique. C’est tout l’intérêt d’une candidature grenobloise à la French Tech que de savoir associer le « hard » et le « soft » pour favoriser l’émergence d’objets connectés intelligents. Rappelons aussi et notamment que HP s’est implanté sur notre territoire en 1970, et y emploie encore 2000 personnes et que le centre de recherche européen de Xerox, basé à Meylan, a fêté ses 20 ans l’an dernier.

Quel est le nombre d’entreprises liées au secteur numérique sur la région de Grenoble ?

On compte environ un total de 550 entreprises (matériel et logiciel confondus). Avec plus de la moitié sur le logiciel, et de l’ordre d’une centaine qui dépasse les 5 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le cahier des charges à l’octroi du label vous demande de lister un maximum de 10 start-ups à fort potentiel à même de réussir un développement à l’international. Vous les avez identifiées ?

Nous en avons plus qu’il n’en faut pour le dossier. Nous sommes en train de sélectionner celles que nous mettrons en avant. A Grenoble, on a la chance de disposer d’un écosystème relativement riche en termes de start-ups, qu’elles soient issues de grands centres de recherche ou de grands groupes privés. « Nos » start-ups ne sont pas toutes en lien avec l’innovation technologique. Dans le web et l’e-commerce, on peut parler de quelques belles réussites comme Spartoo, Photoweb, Made in Design ou Kelkoo. Dans un univers plus technologique, on peut citer Bonitasoft, Movea ou encore Maya Technologie.

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