La startup française Short Edition nous propose les bienfaits de la littérature dans un format court, accessible en ligne ou par des distributeurs d’histoires courtes. Et c’est une recette qui marche, puisque la start-up en hypercroissance vient d’obtenir le Pass French Tech pour un an !

Une success story à la grenobloise, qui veut réinventer notre rapport à la littérature, la réintégrer dans des moments de nos vies fractionnées, à l’heure où la multitude des formes et des moyens de communication nous accapare et donne parfois le tournis.

Les histoires courtes éditées par Short Edition sont disponibles en ligne et via leurs distributeurs qui fleurissent partout et notamment à Grenoble (Hôtel de Ville, Maison de l’International, Maison des associations, etc.).


Nous avons rencontré Christophe Sibieude, co-fondateur de Short Edition, qui a accepté de nous recevoir et de tout nous dire sur leur rencontre avec le réalisateur Francis Ford Coppola.

Short Edition c’est quoi ?

Short Edition est l’éditeur communautaire de la littérature courte. Le court, c’est tout ce qui se lit d’un trait en moins de 20 minutes. « Éditeur communautaire » car c’est la communauté qui fait la sélection, le partage et la diffusion des œuvres.

Il y a 18 mois, le distributeur d’histoires courtes a été créé. C’est une borne qui distribue de la littérature courte communautaire, et qui est mise au service des grandes entreprises et institutions pour leurs relations clients.

Notre business model est donc en B2B et consiste à louer le distributeur d’histoires courtes. C’est une solution en 4 morceaux :

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  • Le distributeur,
  • La maintenance,
  • Le monitoring vers un espace personnalisé pour le client,
  • Les œuvres, qui donnent lieu à versement de droits d’auteurs.

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La promesse faite au lecteur : de la lecture de contenus inédits, de qualité et court.

La promesse faire à l’auteur : est de rencontrer des lecteurs. La plateforme est un lieu où les auteurs vont trouver des lecteurs.

Comment ça marche, une communauté de lecteurs ?

Short Edition aujourd’hui, c’est une communauté de 200 000 lecteurs, 6800 auteurs, 75000 œuvres, qui a généré plus de 13 millions de lecture d’œuvres depuis le début.

Le cœur du mécanisme, c’est qu’un auteur poste son œuvre sur short-edition.com, elle est évaluée par les grands lecteurs qui font une première évaluation sur la base de laquelle on décide de mettre en avant une œuvre, de la faire davantage connaitre. Puis le reste de la communauté s’en empare et fait le travail.

Ce sont des auteurs anonymes de talents, qui vivent aujourd’hui, un peu partout en France et à l’étranger, et qui sont contents de trouver dans short-edition.com un lieu où ils peuvent commencer à écrire en étant un peu cachés, parce que cette dimension de ne pas se découvrir tout de suite est très importante. Puis ils peuvent amorcer des contacts avec des lecteurs, d’autres auteurs, donner de la visibilité à leurs écrits, échanger dessus, en voir d’autres…

Les histoires les plus lues ont des stats de lecture qui sont entre 40 000 et 50 000, donc les auteurs sont sortis de leur cercle familial, voire amical.

D’où vient l’idée ?

L’histoire démarre avec les 4 co-fondateurs Sylvia Tempesta, Quentin & Isabelle Pleplé et Christophe Sibieude, qui avaient envie de créer un éditeur en tenant compte de l’environnement qui changeait.

Equipe de Short Edition, Cémoi
Photo : © Thierry CHENU – Droits réservés : Ville de Grenoble © 2015

La réflexion démarre en 2009 autour de la communauté et du format court. Et la société est créée en 2011.

La startup française compte aujourd’hui une équipe de 16 salariés, avec Grenoble comme centre de gravité de l’entreprise et Paris, dans les locaux de l’Express, où sont concentrées les forces commerciales.

On s’est dit qu’on ne pouvait pas créer une société d’édition en 2010 comme on la démarrait en 90.

“Notre raisonnement était de dire qu’il fallait des nouveaux contenus courts pour les nouveaux modes de vie, avec de moins en moins de temps longs à consacrer à la lecture. Il faut des contenus littéraires adaptés à nos supports nomades, digitaux. Et si on ne met pas de la littérature, qui par définition doit être courte, dans les portables, et bien ce serait dommage, on perdrait une opportunité de promouvoir la lecture…”

Le pari de Short Edition a donc été de conjuguer le court, la communauté et la techno afin d’adapter la littérature au monde d’aujourd’hui.
En effet, la techno fait la communauté, qui donne le souffle pour surmonter les a prioris contre le format court. Car en France, nous préférons le format long, ce qui n’est pas le cas dans le monde anglo-saxon.

En 2016, Short Edition connaît un tournant avec le succès que rencontre son distributeur dont l’idée avait germée en 2013. L’équipe voulait illustrer que le format court avait cet avantage d’être extrêmement plastique, qu’il pouvait entrer dans une newsletter, faire la colonne d’un journal, etc. C’est devant un distributeur de snacks que l’idée est venue de mettre des histoires dans un distributeur.

Et on a fait une boîte, qu’on emmenait en rendez-vous. Ça plaisait tellement que lorsque Petale Innovation, devenu Linksium, est venu nous voir et nous a parlé d’un programme départemental pour mettre en place des pré-séries industrielles, on s’est dit “on y va”.

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Quel a été le parcours de croissance de Short Edition dans l’écosystème ?

Short Edition apparaît sous forme d’idée en 2009, puis l’entreprise se créé en 2011. C’est en 2013 que le distributeur arrive. Short Edition obtient de l’aide de Linksium (anciennement Petale Innovation), réalise un pilote de distributeur d’histoires courtes avec la Ville de Grenoble. Après avoir obtenu un prêt d’honneur de Réseau Entreprendre, Short Edition a bénéficié du dispositif Inovizi de la Région, qui est venu abonder le prêt d’honneur. La start-up a également obtenu de l’aide de Bpifrance en 2013, 2014 et 2015 sur son programme de recherche.

Short Edition est entrée dans les Pôles de compétitivité Imaginove & Minalogic dernièrement.

La startup française a également bénéficié du programme Go Export du Plan PME de la Région et y travaille actuellement.

On a le sentiment d’être très bien entourés, très bien accompagnés dans un système localement qui est très bien maillé, très puissant.

“Nous avons eu la chance de trouver à chaque étape des bons soutiens qui correspondaient à chaque fois au moment ou on en était de la vie de l’entreprise et de son développement. Et le Pass French Tech, c’est l’illustration.”

Dans la foulée de l’obtention du Pass French Tech, Laurent Ponthieu a invité l’équipe de Short Edition à une réunion Business VCs & Tech à l’Ambassade de Grande Bretagne. Short Edition a su comme d’habitude attirer l’attention des investisseurs internationaux.


OFFRE FRENCH TECH – Découvrez le Pass French Tech

Le Pass French Tech est le programme destiné à soutenir les entreprises en hypercroissance. Au sein de French Tech in the Alps, le Pass French Tech est opéré par Minalogic. Il permet aux entreprises labellisées de bénéficier d’un accès privilégié, fluide et simplifié aux offres de BPI France, Business France, Coface et/ou INPI…

[mks_button size=”large” title=”Vous êtes peut-être éligible ?
Toutes les infos sur le Pass French Tech” style=”squared” url=”https://digital-grenoble.com/outils-dacceleration-french-tech/” target=”_self” bg_color=”#ff3366″ txt_color=”#FFFFFF” icon=”fa-arrow-circle-right” icon_type=”fa”]


Félicitations vous venez d’obtenir le Pass French Tech, qu’est ce que cela vous apporte ?

“On y voit deux choses, la première c’est que c’est un signal très fort que la confiance est forte dans le potentiel de Short Edition et une reconnaissance du chemin parcouru par l’écosystème local.

La deuxième, c’est que ce label signifie que l’entreprise est en hyper-croissance, qu’elle a été regardée de près, examinée par des gens dont c’est le job et qui nous ont délivré un « diplôme » qui n’est pas accordé à beaucoup d’entreprises. Et on se rend compte que ça nous aide quand on continue à discuter avec des institutions, par exemple avec Bpifrance. Ça fait partie des choses, signaux qui sont bons, qui créent un contexte favorable à l’entreprise. Et puis dans le contexte de la levée de fonds, ça peut faire un outil de communication supplémentaire.”

 

Des trucs et astuces pour les startup  de l’écosystème  ?

Pas vraiment de trucs et astuces pour l’obtenir, mais le rappel qu’il est important d’être présent dans l’écosystème local et d’aller à certaines manifestations…

“Parfois on se dit qu’on serait peut-être mieux derrière sa table à faire avancer des dossiers parce qu’on a du retard dans tout. Finalement, c’est pas du temps qui est perdu, même si à très court terme, on se dit qu’il faut qu’on finisse telle ou telle chose…Donc le truc, c’est de pas oublier d’être présent dans l’écosystème local, de faire un peu de relationnel, de réseau, d’aller à certaines manifestations, pas oublier qu’il faut rencontrer des gens en sachant pas très bien où ça va nous mener mais avoir confiance dans le fait qu’il en sortira quelque chose de positif à moyen terme.”

On a entendu dire que Coppola vous avait passé commande !

Le pilote de distributeur réalisé avec la Ville de Grenoble a débouché sur un très bel accueil média : plus de 600 articles, reportages, interviews, TV… dans plus de 40 pays parlaient de Short Edition. Au début, presque ¼ des articles étaient aux Etats-Unis.

Coppola a lu un article dans le New Yorker et a voulu une borne dans son café.

C’est une fierté pour l’équipe, puisque Coppola est une personnalité, mais aussi un homme de littérature : depuis 20 ans il édite une revue consacrée à la littérature. “Et en plus comme il habite San Francisco, faire venir un objet connecté à San Francisco, c’est quand même sympa”.

L’effet Coppola a permis de déclencher d’autres personnes : Short Edition a installé ses distributeurs à Boston, dans un centre commercial, dans le lodge du MIT et de Google, à PenState University, qui a décidé de l’utiliser pour promouvoir la lecture & l’écriture auprès de ses étudiants. La startup francaise y fait un test sur un premier site.

 

On a démarré la marche vers l’international tirés par Coppola, on avait pas prévu d’aller aussi vite.

 

Un livre inspirant à nous conseiller ?

Dans le cadre de la levée de fonds, un ouvrage très utile et intéressant : The Lean Startup, de Eric Ries

En littéraire, une fable très jolie et très courte : Jonathan Livingston le Goëland, de Richard Bach

 

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