La jeune pousse iséroise, fondée en juin 2013, a breveté une chaudière numérique. Un prototype fonctionne depuis plus de six mois dans un immeuble social de Grenoble.

« En juin 2012, alors que j’étais responsable des systèmes d’information dans une start up, j’ai pris conscience d’une aberration quand le climatiseur de la salle informatique est tombé en panne. A savoir que les serveurs dégageaient de la chaleur, à perte », raconte Christophe Perron. Un an plus tard, ce jeune ingénieur Supélec, âgé de 33 ans, créait la société iséroise Stimergy, lauréate en 2013 du grand prix EDF Energie Intelligente. En s’appuyant sur le travail d’un chercheur de l’Inria, devenu partenaire de la jeune pousse, il a mis au point une chaudière numérique.

Les calories des serveurs

En recyclant les calories dégagées par les data centers, elle produit de l’eau chaude sanitaire. «Il fallait une utilisation répondant à un besoin tout au long de l’année ; ce qui n’est pas le cas du chauffage », justifie le jeune dirigeant qui a été accompagné au départ par l’incubateur grenoblois Grain. Le système ne pouvant fonctionner que dans la proximité géographique du couplage informatique-énergie, le modèle consiste à installer dans les bâtiments volontaires des serveurs, au sein d’une salle sécurisée et télé surveillée.

Eau chaude gratuite

Les revenus proviennent de la location de ressources informatiques, sous forme de cloud, à des entreprises. « Nos tarifs sont compétitifs », assure le jeune patron. Par ailleurs, un droit au raccordement initial est payé par la résidence qui bénéficiera ensuite de la gratuité de l’eau chaude. Un prototype de cette chaudière brevetée est opérationnel depuis six mois, à Grenoble, dans un immeuble de 29 logements sociaux de l’OPAC 38. En 2014, Christophe Perron a pour objectif de mettre en place trois « pilotes », version améliorée des prototypes, dans la région Rhône-Alpes.

 Levée de fonds

A échéance de cinq ans, il vise 80 chaudières fournissant de l’eau chaude à 8000 personnes, en habitats collectifs, hôtels, universités… et un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros. La jeune pousse dont les deux associés ne se rémunèrent pas encore – elle devrait employer sept salariés sous trois ans – prépare une levée de fonds de 150.000 euros, en deux tours, auprès de structures d’amorçage ou des business angels.

publié dans La Tribune par Marie-Annick Depagneux  |